Lettre ouverte | Faire de la pénurie de main-d’œuvre en santé et services sociaux une priorité nationale

23 septembre 2026

Lettre ouverte | Faire de la pénurie de main-d’œuvre en santé et services sociaux une priorité nationale - APTS

Au Québec, il y a un thème récurrent lors de chaque campagne électorale : la santé. C’est encore le cas pour l’élection de 2026. Tous les partis politiques souhaitent améliorer l’accès aux soins et proposeront des solutions. Au quotidien, les soins et les services sont offerts par le personnel et les professionnels de la santé et c’est à ces soignants que la population souhaite accéder.

Au cours des dernières années, de nombreux secteurs d’activité ont souffert d’une pénurie de main-d’œuvre, et le domaine de la santé et des services sociaux n’y échappe pas. Les promesses électorales qui sont formulées sans d’abord tenir compte de cette question ne sont pas crédibles.

Un rapport récent de la Commissaire à la santé et au bien-être du Québec a clairement identifié cette pénurie. Le rapport gouvernemental sur l’état d’équilibre du marché de l’emploi 2026 nomme plusieurs professions de la santé qui connaissent une pénurie dans toutes les régions du Québec. Ces données doivent être au cœur de tout diagnostic visant à évaluer l’accès aux soins et surtout être la base de toute solution pour l’améliorer. Ignorer cette pénurie ne fera que mettre une pression additionnelle sur ces travailleurs et ces équipes déjà très sollicités, et au bout du compte créera de l’insatisfaction dans la population.

Aujourd’hui, nous nous unissons pour demander à tous les partis politiques de reconnaître la pénurie de main-d’œuvre et de s’engager à mettre sur pied, dès les premiers mois suivant l’élection, une grande réflexion nationale réunissant les partenaires qui représentent les travailleuses et travailleurs de la santé touchés par la pénurie : médecins de famille, infirmières, infirmières praticiennes spécialisées, pharmaciens, professionnels en soins et personnel du réseau, ordres professionnels, syndicats, ainsi que les établissements d’enseignement, les associations étudiantes et les représentants des patientes et patients.

Cette réflexion devra permettre l’adoption de solutions qui inciteront les gens à choisir les professions du domaine de la santé et des services sociaux et d’y demeurer par la suite, de telle sorte que le système public de santé et des services sociaux puisse répondre aux besoins de la population.

Cette lettre ouverte a été publiée dans Le Devoir

Source : Paul Brunet, Julie Bouchard, Magali Picard, Caroline Senneville et Benoit Morin

Les auteurs prennent respectivement le clavier au nom du Conseil pour la protection des malades ; la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec ; la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, la Confédération des syndicats nationaux — CSN ; l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires. Ils cosignent cette lettre avec 14 autres organisations : Réjean Leclerc, Fédération de la santé et des services sociaux – CSN ; Marc-André Amyot, Fédération des médecins omnipraticiens du Québec ; Geneviève Lamarche, Coalition Solidarité Santé ; Stéphanie Fortin, Association des dentistes propriétaires du Québec ; Étienne Parent, Fédération médicale étudiante du Québec ; Éric Gingras, Centrale des syndicats du Québec ; Sylvie Nelson, Syndicat québécois des employées et employés de service – FTQ ; Déreck Cyr, Fédération de la santé du Québec – CSQ ; Dominic Gariépy, Conseil provincial des affaires sociales du SCFP ; Kathrin Peter, Fédération des professionnèles (FPCSN) ; David St-Pierre, Pacte Santé au Québec ; Jérôme Di Giovanni, Alliance des patients pour la santé ; Serge Petitclerc, Collectif pour un Québec sans pauvreté ; Robert Comeau, Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.