Exiger des soins dans toutes les localités : et si on osait pour vrai? L'APTS appelle à donner aux régions les moyens d'attirer et de retenir leur personnel

5 août 2026

Exiger des soins dans toutes les localités : et si on osait pour vrai? L'APTS appelle à donner aux régions les moyens d'attirer et de retenir leur personnel - APTS

Longueuil – Dans le cadre de l’édition Agenda 2026 de sa campagne Un réseau fort : et si on osait pour vrai?, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dévoile son thème du mois d’août : « Exiger des soins dans toutes les localités : et si on osait pour vrai? ». Alors que les pénuries de personnel continuent de fragiliser l'accès aux soins et services dans plusieurs régions éloignées, l'APTS soutient qu'il est temps de cesser de considérer cette situation comme une fatalité pour s'attaquer enfin aux véritables obstacles à l'attraction et à la rétention du personnel.

« On a trop souvent appris à faire avec peu, à attendre notre tour, à nous débrouiller », explique Kevin Newbury, représentant national de l’APTS de la Côte-Nord. Mais, pendant qu’on les oublie, les régions éloignées nourrissent, chauffent et font vivre la province. On veut des services, des infrastructures, des choix. Ça va faire, la résilience. L’heure de l’ambition est venue », poursuit-il/elle.

Des obstacles bien réels
Le manque de logements, la rareté des places en services de garde, les coûts supplémentaires associés à la vie en région et l'absence de transport collectif efficace compliquent l'installation des professionnel·le·s de la santé et des services sociaux. Ces difficultés contribuent à maintenir des postes vacants, à accroître le recours à la main-d'œuvre indépendante (MOI) et, ultimement, à limiter l'accès aux soins et aux services pour la population.

Dans les régions du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, de la Côte-Nord et de l'Abitibi-Témiscamingue, le marché locatif demeure particulièrement tendu et les services de garde sont insuffisants. À elles seules, ces quatre régions concentrent 25 % du déficit de places en services de garde, alors qu'elles ne représentent que 12,4 % de la population des régions touchées par cette pénurie. De plus, l'absence de transport collectif efficace augmente les coûts liés aux déplacements et la dépendance à la MOI y demeure plus importante qu'ailleurs au Québec.

« Lorsqu'on n'arrive pas à recruter, ce sont les équipes déjà en place qui écopent. Elles voient leur charge de travail s'alourdir à cause des postes vacants et peinent à répondre à une demande qui, elle, ne cesse d'augmenter. Au bout du compte, c'est toute la population qui attend plus longtemps pour obtenir les soins et les services auxquels elle a droit », souligne Claudie Beaudoin, représentante nationale de l’APTS de l’Abitibi-Témiscamingue.

En août : donner aux régions les moyens d'être attrayantes
Pour améliorer durablement l'accès aux soins et aux services dans les régions éloignées, l'APTS propose de :

·       construire des logements temporaires réservés au personnel de la santé et des services sociaux afin de faciliter l'installation des nouvelles recrues;

·       développer des CPE intégrés aux établissements de santé pour soutenir les familles qui choisissent de s'établir en région;

·       bonifier les primes d'éloignement et d'isolement et d’en élargir l’octroi afin de mieux reconnaître les coûts supplémentaires associés à la vie en région.

« Les solutions sont connues et leur coût est modeste. Ce qui nous coûte vraiment, c'est de laisser des postes vacants, de dépendre toujours davantage de la main-d'œuvre indépendante et de priver des communautés entières de soins et de services de proximité. Il est temps de donner aux régions les moyens d'attirer, d'accueillir et de retenir leur personnel », conclut Robert Comeau, président de l’APTS.

À propos de l’APTS

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) regroupe et représente plus de 68 000 membres qui jouent un rôle indispensable au bon fonctionnement des établissements du réseau. Nos gens offrent une multitude de services en matière de diagnostic, de réadaptation, de nutrition, d’intervention psychosociale et de soutien clinique et de prévention, autant de services qui s’adressent à l’ensemble de la population.