Donner une vraie chance aux CLSC | et si on osait pour vrai? L’APTS appelle à leur rendre leurs lettres de noblesse

5 mai 2026

Donner une vraie chance aux CLSC | et si on osait pour vrai? L’APTS appelle à leur rendre leurs lettres de noblesse - APTS

Longueuil – Dans le cadre de l’édition Agenda 2026 de sa campagne Un réseau fort : et si on osait pour vrai?, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dévoile son thème du mois de mai : « Donner une vraie chance aux CLSC : et si on osait pour vrai? ». Après avoir proposé en avril de réduire la place du privé en santé pour mieux utiliser les fonds publics, l’APTS soutient qu’il est essentiel de rebâtir une première ligne publique forte, accessible et ancrée dans les communautés.

Pensés comme la porte d’entrée du réseau, les CLSC devaient assurer une prise en charge globale et continue grâce à des équipes multidisciplinaires de proximité. Or, ce modèle a été progressivement mis de côté au profit des groupes de médecine familiale (GMF) — des structures majoritairement privées mais largement subventionnées par l’État — et d’un recours accru au privé. Résultat : une première ligne fragmentée, moins accessible et moins coordonnée.

« On a délaissé un modèle public et de proximité qui avait pourtant tout pour fonctionner. Aujourd’hui, les CLSC n’ont plus les ressources ni le mandat pour jouer pleinement leur rôle, et c’est toute la première ligne qui en souffre. Si on veut un réseau accessible et efficace, il faut leur redonner les moyens d’agir », affirme Robert Comeau, président de l’APTS.

Une première ligne affaiblie, des conséquences bien réelles

L’affaiblissement des CLSC a des impacts concrets sur la santé et le bien-être des Québécois·es. Des services essentiels comme la santé mentale ou le soutien à domicile sont moins accessibles dans le réseau public, ce qui contribue à alourdir la pression sur les urgences et à fragmenter les parcours de soins et les services. En parallèle, les ressources sont de plus en plus attirées vers le privé sans toutefois augmenter la capacité du système, dans un jeu de vases communicants qui vide le réseau public.

« En à peine 6 ans, les CLSC ont perdu 75 % de leurs heures de consultation psychologique au profit des GMF parce que des professionnel·le·s sont prêté·e·s à ces derniers tout en continuant d'être payé·e·s par l'État. Et pendant que ces GMF réalisent des profits grâce aux fonds publics, les délais dans le réseau s’allongent, les cas se complexifient, les équipes sont constamment sous pression et la prévention est sacrifiée. »

En mai : redonner aux CLSC leur rôle central

La Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne dévoilée le 27 mars 2026 témoigne d’une volonté de redonner un rôle central aux CLSC, en conformité avec l’opinion de 91 % des Québécois·es. Si l’intention est louable — et suggère que le gouvernement prend acte des limites du modèle actuel — la politique doit être accompagnée des ressources nécessaires pour être crédible, sans quoi les CLSC seront relégués au rôle de guichet vers le privé au lieu de redevenir de véritables milieux de soins et de services. Pour améliorer l’accès aux services et renforcer la première ligne, l’APTS propose de leur redonner les moyens de jouer pleinement leur rôle en :

·       en faisant la porte d’entrée du réseau et en leur confiant la coordination des soins et services;

·       renforçant leur rôle en soutien à domicile, en santé mentale et en prévention;

·       leur accordant les ressources humaines, matérielles et cliniques nécessaires;

·       améliorant les conditions de travail pour stabiliser les équipes;

·       réinvestissant dans le réseau public les sommes actuellement allouées au privé.

« Une première ligne forte, c’est la clé d’un réseau qui fonctionne. Redonner leur place aux CLSC, c’est faire le choix de la proximité, de la prévention et de la continuité des soins. C’est aussi une condition essentielle pour garantir des services accessibles et équitables à toute la population », conclut Robert Comeau.

À propos de l’APTS

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) regroupe et représente plus de 68 000 membres qui jouent un rôle indispensable au bon fonctionnement des établissements du réseau. Nos gens offrent une multitude de services en matière de diagnostic, de réadaptation, de nutrition, d’intervention psychosociale et de soutien clinique et de prévention, autant de services qui s’adressent à l’ensemble de la population.