1er mai : On piétine nos droits: mobilisation intersyndicale devant l'hôpital de Maria
1 mai 2026
La Journée internationale des travailleurs a servi de tribune à quatre organisations syndicales pour mettre en lumière ce qu’elles décrivent comme un réseau en effritement. En Gaspésie, le constat est toujours le même : postes non comblés, listes d’attente qui s’allongent, pression grandissante sur celles et ceux qui tiennent le réseau à bout de bras.
Logement, CPE, recrutement : la spirale
Pour Jenny Tardif, représentante nationale de l’APTS pour la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, les obstacles au recrutement se renforcent mutuellement.
« Les problématiques de loyer. Les problématiques de CPE qui fait en sorte que le recrutement est assez difficile. Donc pas de recrutement, on ne peut pas combler les postes, on ne peut pas assurer un service, donc c’est quand même un cercle vicieux qui s’installe au niveau de notre région. »
À cela s’ajoutent de nouvelles politiques imposées sans les ressources qui vont avec. Jenny Tardif dénonce une logique qui force les travailleurs à en faire toujours davantage, sans effectifs ni budget supplémentaires pour y répondre.
Cindy Delarosbil, représentante régionale du SFPQ, pointe directement les choix budgétaires du gouvernement.
« Le gouvernement de la CAQ a décidé de couper la fonction publique. Ça ne peut pas faire autre que de fragiliser le filet social. »
Sur le terrain, Josée Miousse Pratte, infirmière auxiliaire au CISSS de la Gaspésie, décrit des journées sans marge, où l’équipe s’accroche à ce qu’elle peut livrer avec le temps qui lui reste. « Nos journées sont remplies, elles sont débordées. On a de la difficulté des fois à rejoindre tout ce qu’on voudrait faire. », raconte-t-elle.
Des soins à deux vitesses
Pour Pierre-Luc Boulay, président de la CSN Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, la crise du réseau s’inscrit dans un tableau plus large.
« Quand on parle du panier d’épicerie qui n’arrête pas de monter, quand on parle de la crise du logement, on parle justement de nos services publics qui sont laissés à eux-mêmes. Présentement, on parle de soins donnés à deux vitesses. »
Gérer par habitant : une logique rejetée
Les syndicats ne se contentent pas de dénoncer : ils exigent une gestion qui tienne compte des particularités gaspésiennes. Jenny Tardif réclame des mesures distinctes pour la région et un abandon de la logique par habitant, qui prive la Gaspésie des ressources humaines nécessaires pour assurer les services et réduire les listes d’attente.