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Taxer les ultra-riches, et si on osait pour vrai? L’APTS propose de nouvelles sources de revenus pour protéger le RSSS

5 mars 2026

Taxer les ultra-riches, et si on osait pour vrai? L’APTS propose de nouvelles sources de revenus pour protéger le RSSS - APTS

Longueuil – À l’approche du dépôt du prochain budget du Québec, et dans le cadre de l’édition Agenda 2026 de sa campagne Un réseau fort : et si on osait pour vrai?, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dévoile son troisième thème de l’année : Taxer les ultra-riches : et si on osait pour vrai? Alors que le réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) est chroniquement sous-financé, l’APTS invoque la nécessité d’instaurer un bouclier budgétaire et rappelle que le gouvernement dispose de marges de manœuvre fiscales substantielles pour le financer... à condition d’aller chercher les revenus là où la capacité de payer est la plus forte.

Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs justifient les compressions dans les services publics par l’absence de ressources financières. Durant cette période, la richesse s’est fortement concentrée entre les mains d’une infime minorité, pendant que les besoins de la population ont augmenté.

« Le Québec n’est pas trop pauvre pour financer sa santé, il est trop timide pour s’attaquer à la concentration extrême de la richesse. Et pendant qu’une minorité accumule des fortunes de plusieurs millions — voire milliards — de dollars, on coupe dans les services à la population. L’austérité, ce n’est pas une fatalité budgétaire, c’est un choix politique », affirme Robert Comeau, président de l’APTS.

En mars : faire contribuer le 1 % le plus riche

Pour l’APTS, il ne suffit pas d’affirmer que la santé et les services sociaux sont une priorité : il faut se donner les moyens concrets de les financer adéquatement, et c’est précisément ce que vise la proposition de taxer les ultra-riches. Parmi les nombreuses options disponibles pour ce faire, l’APTS préconise l’instauration d’une taxe progressive sur le patrimoine ciblant le 1 % des ménages les plus riches, soit ceux dont les avoirs nets totalisent 4 millions de dollars et plus. Elle s’appliquerait comme suit :

Actifs après impôts des ménages visés

Taux d’imposition

Revenu supplémentaire

4-25 M$

0,5 %

1,5 G$

25-100 M$

1 %

1,7 G$

100 M$+

2 %

3,3 G$

Total

6,5 G$

« On parle ici de mesures chirurgicales, qui n’affectent en rien la quasi-totalité de la population, classe moyenne comprise. Le seuil de 4 millions de dollars permet vraiment de distinguer les ménages qui vivent de leur travail de ceux dont la richesse repose principalement sur l’accumulation d’actifs, souvent sur plusieurs générations », précise Émilie Charbonneau, vice-présidente de l’APTS.

Selon les estimations de l’APTS, une telle mesure pourrait générer jusqu’à 6,5 G$ en nouveaux revenus annuels, soit amplement de quoi financer un bouclier budgétaire et mettre fin aux compressions qui fragilisent le réseau public. « Pour donner un ordre d’idée, ça permettrait d’embaucher des dizaines de milliers de professionnel·le·s et de technicien·ne·s dans le réseau, sans faire payer un sou de plus à la classe moyenne! », illustre Émilie Charbonneau.

Et si on osait pour vrai?

Pour l’APTS, il est temps de mettre fin au faux discours selon lequel l’austérité serait inévitable. « Le gouvernement a des options et peut choisir de protéger la santé et le bien-être de sa population plutôt que de faire reposer l’immense poids de cette mission sur les personnes travailleuses, usagères et aidantes. Taxer les ultra-riches, ce n’est pas une mesure radicale, c’est un choix responsable », conclut Robert Comeau.

À propos de l’APTS

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) regroupe et représente plus de 68 000 membres qui jouent un rôle indispensable au bon fonctionnement des établissements du réseau. Nos gens offrent une multitude de services en matière de diagnostic, de réadaptation, de nutrition, d’intervention psychosociale et de soutien clinique et de prévention, autant de services qui s’adressent à l’ensemble de la population.