Première ligne : l’APTS salue l’intention, mais exige des moyens concrets pour les CLSC

27 mars 2026

Longueuil – L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) accueille favorablement plusieurs orientations de la Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne dévoilée aujourd’hui par la ministre de la Santé. L’organisation salue notamment la volonté de redonner un rôle central aux professionnel·le·s et aux technicien·ne·s, ainsi que de remettre les CLSC comme porte d’entrée principale pour la population.

Cependant, l’APTS reste préoccupée par l’absence d’une gouvernance claire et d’un financement à la hauteur des ambitions annoncées. Sans ces fondations, la première ligne risque de demeurer fragilisée et les CLSC pourraient être réduits à jouer un simple rôle de triage vers les groupes de médecine familiale (GMF), les pharmacies ou l’autosoin, sans réelle prise en charge globale des personnes usagères.

« Nous sommes en faveur d’une décentralisation des soins et services vers les CLSC, à condition que ces derniers soient financés adéquatement et qu’on leur donne le pouvoir et la capacité de jouer pleinement leur rôle. Avec les bonnes ressources, les professionnel·le·s et les technicien·ne·s du réseau pourront améliorer vraiment les soins en première ligne. Mais sans volonté de placer les CLSC au cœur des services, on risque d’en faire un guichet désincarné qui transfère les personnes usagères plutôt que d’en assurer une véritable prise en charge », déclare Robert Comeau, président de l’APTS.

L’organisation accueille favorablement la décision d’abandonner un modèle d’inscription reposant exclusivement sur les médecins de famille, ce dernier n’ayant pas livré les résultats attendus. La reconnaissance du rôle élargi des autres personnes professionnelles constitue également un pas important, mais l’APTS attend de voir si elle se traduira concrètement sur le terrain. Elle rappelle également que ces responsabilités accrues devront être reconnues dans les conditions de travail du personnel concerné.

Et pour que la réforme atteigne ses objectifs, l’APTS insiste sur la nécessité d’impliquer les organisations représentant les salarié·e·s dans l’élaboration du plan d’action que Santé Québec doit maintenant produire. Cette collaboration a été possible lors des travaux préparatoires pilotés par le ministère de la Santé et des Services sociaux, elle doit se poursuivre.

« La première ligne ne pourra évoluer sans l’apport direct des personnes professionnelles et techniciennes qui y travaillent au quotidien. Santé Québec doit absolument construire son plan d’action avec nous. Si on veut que cette politique réussisse, il faut s’assurer que les orientations se traduisent en ressources, en temps et en soutien pour le personnel — et non en une pression accrue ou en un virage vers le privé », souligne Carl Verreault, vice‑président de l’APTS.

L’APTS demande maintenant un plan d’action robuste, transparent, et accompagné d’engagements financiers clairs, de même qu’un arrimage véritable avec les réalités sur le terrain. Seule une revitalisation authentique et assumée du réseau public permettra d’améliorer la continuité, la qualité et l’accès aux soins en première ligne.

À propos de l’APTS

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) regroupe et représente plus de 68 000 membres qui jouent un rôle indispensable au bon fonctionnement des établissements du réseau. Nos gens offrent une multitude de services en matière de diagnostic, de réadaptation, de nutrition, d’intervention psychosociale et de soutien clinique et de prévention, autant de services qui s’adressent à l’ensemble de la population.